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Traitement ignifuge : quelle méthode pour quel support

13 décembre 2022

Le traitement ignifuge consiste à appliquer sur un matériau combustible un produit qui retarde son inflammation et limite la propagation des flammes, afin d’atteindre le classement de réaction au feu exigé — M1 le plus souvent en établissement recevant du public. Il se pratique par pulvérisation jusqu’à saturation, par immersion en bac ou par système intumescent, selon le support.

Obligatoire dans certains établissements recevant du public, le traitement ignifuge est un procédé de traitement anti-feu des matériaux qui a pour effet de les rendre moins inflammables et donc de retarder leur combustion. Mais concrètement, à quoi ça sert ?

Ce qu’est l’ignifugation — d’où vient le mot, comment agit un retardateur de flamme et ce que signifie M1 dans le classement français — est traité dans notre page qu’est-ce que l’ignifugation. Cette page-ci part du principe acquis et répond à la question suivante : quelle méthode s’applique à quel support, en quelle quantité, et sous quel procès-verbal.

Quels sont les matériaux pouvant être ignifugé ?

Les matériaux pouvant être ignifugés incluent :

Nos procès-verbaux couvrent : les textiles en polypropylène 70 g/m², polyester 175 g/m², lin 230 g/m² et coton 150 g/m² (PV n° P258195-DEC/1) ; les plantes artificielles en polypropylène 70 g/m² et polyester 175 g/m² (PV n° P258195-DEC/2) ; le bois massif résineux de type sapin jaune, épaisseur 10 mm, par trempage (PV n° P258195-DEC/3). Les sièges relèvent de l’article AM 18 §2, exclu du domaine de validité des procès-verbaux textiles. Panneaux dérivés, plastiques, matériaux de construction, isolants et matelas n’entrent dans aucun de nos périmètres : contactez-nous, nous étudions la faisabilité et, si nécessaire, un essai dédié.

Ces traitements retardent la combustion et réduisent les risques d’incendie.

Quelles sont les différentes formes d’ignifugation ?

  1. Traitement chimique : Application de retardateurs de flamme sur la surface des matériaux ou incorporation de ces produits lors de la fabrication.
  2. Enduits ignifuges : Application de peintures, vernis ou revêtements spéciaux sur les matériaux pour les protéger contre le feu.
  3. Traitement thermique : Utilisation de procédés thermiques pour modifier la structure des matériaux et améliorer leur résistance au feu.
  4. Traitement par imprégnation : Imprégnation des matériaux, comme le bois, avec des solutions ignifuges pour les rendre moins inflammables.
  5. Traitement physique : Ajout de barrières physiques ou de couches de protection, comme des plaques de plâtre, pour isoler les matériaux combustibles des sources de chaleur.

Ces méthodes visent à ralentir la propagation des flammes et à réduire la production de chaleur et de gaz inflammables.

Le traitement ignifuge, une obligation des ERP

Les établissements recevant du public (ERP), sont tenus de se plier à la législation concernant la protection passive contre les incendies. Concrètement, tout ERP est tenu d’assurer la sécurité du public dans son établissement. Ce qui veut dire, qu’en cas d’incendie, sa responsabilité pénale peut-être engagée. C’est donc une question qui intéresse de très près le domaine hospitalier, l’hôtellerie, la restauration ou encore les écoles. Le mobilier, les décorations et les différents matériaux de ces établissements doivent obligatoirement être traités contre le feu. D’où l’importance légale du traitement ignifuge pour ces établissements. À l’issue du traitement, l’entreprise applicatrice complète et signe l’attestation d’application, qui se conserve au registre de sécurité avec la notice d’utilisation, le procès-verbal de classement et les pesées avant et après traitement. Ce document doit être conservé précieusement puisqu’il peut être réclamé à tout moment par la commission de sécurité des contrôles.

Quels sont les différents procédés d’ignifugation ?

L’ajout de produits chimiques influence le comportement du feu de plusieurs manières, avec diverses réactions chimiques possibles :

  • Absorption de la chaleur : Les produits chimiques absorbent la chaleur, réduisant ainsi la température des matériaux et ralentissant leur combustion.
  • Formation d’une couche superficielle carbonisée (phosphore) : Une couche carbonisée se forme, isolant le matériau sous-jacent et empêchant la propagation des flammes.
  • Émission de gaz inertes : Certains produits chimiques libèrent des gaz qui diluent les gaz combustibles, empêchant la formation et la propagation des flammes.

Les matériaux deviennent ainsi moins inflammables grâce à la réticulation des chaînes de polymères, qui renforcent leur structure et leur résistance au feu.

Un procédé très contrôlé via des classifications de réaction au feu

Qui dit obligation légale, dit contrôle drastique des normes anti-feu. La législation française a établi une classification de l’inflammabilité des matériaux. Elle permet d’établir leur résistance au feu :

  • M0 : Matériau incombustible comme le ciment, la brique et le verre entre autres
  • M1 : matériau combustible qui ne s’enflamme pas facilement et n’entretient pas la flamme. Nos procès-verbaux portent sur les textiles, le bois massif résineux et les plantes artificielles, dans les conditions qu’ils décrivent., des matériaux composites et les matériaux ignifugés tels que le bois.
  • M2 : Matériau combustible difficilement inflammable
  • M3 : Matériau combustible moyennement inflammable
  • M4 : Matériau combustible facilement inflammable
  • Le classement français comporte cinq niveaux, de M0 (incombustible) à M4 (facilement inflammable) : M1 est le niveau le plus élevé qu’un matériau combustible puisse atteindre.

Pour la commercialisation de traitements ignifuges, les spécialistes de l’ignifugation remettent à leurs clients le procès-verbal de classement du produit, la notice d’utilisation et l’attestation d’application. 

Quels sont les différents produits permettant l’ignifugation ?

  • Peintures et vernis intumescents : Ces produits gonflent lorsqu’ils sont exposés à la chaleur, formant une couche isolante épaisse qui protège le matériau sous-jacent contre les flammes et la chaleur. Ce processus ralentit la propagation du feu et réduit les dommages matériels.
  • Produits ignifuges bromés : Les produits ignifuges bromés sont des composés chimiques contenant du brome, utilisés pour réduire la combustibilité des matériaux et ralentir la propagation des flammes en cas d’incendie. Ces produits agissent en perturbant les réactions chimiques impliquées dans la combustion. Ils sont souvent utilisés dans les plastiques, les textiles, les matériaux de construction et les appareils électroniques pour améliorer leur résistance au feu. Bien qu’efficaces, certains produits bromés sont interdits en Europe en raison de leur toxicité et des risques environnementaux associés à leur utilisation et à leur dégradation.

Quels sont les différents traitements ignifugeants possibles ?

  • Produits ignifuges de surface : Vernis ou peintures appliqués sur la surface des matériaux pour les protéger contre le feu.
  • Protection des constructions en acier : L’utilisation de bois ignifugé pour protéger les structures en acier est une application courante, offrant une protection supplémentaire contre le feu.
  • Ouate de cellulose : Utilisée comme isolant, la ouate de cellulose est traitée avec des produits ignifuges pour réduire sa combustibilité. Ce matériau offre une bonne résistance au feu tout en étant un excellent isolant thermique et acoustique.
  • Application par foulardage : Pour les tissus ignifugés, cette méthode consiste à immerger les textiles dans une solution ignifuge, puis à les sécher et à les polymériser. Certains textiles présentent naturellement une bonne réaction au feu, tandis que d’autres nécessitent un traitement pour l’améliorer.

Comment appliquer un traitement ignifuge ?

Vous pouvez décider d’acheter directement un tissu ou un matériau ignifugé. Dans ce cas, pas besoin d’appliquer un traitement ignifuge. Le plus souvent, sur les textiles et les plantes artificielles, l’application se fait par pulvérisation ou par trempage, jusqu’à saturation du support et écoulement de l’excédent, en une seule application. Sur le bois massif, la seule méthode validée par le procès-verbal LNE n° P258195-DEC/3 est l’immersion en bac, à 5,5 kg/m². Le traitement est réalisé par une entreprise applicatrice, qui complète et signe l’attestation d’application et engage sa responsabilité. Avant toute chose, il conviendra de bien identifier le matériau à ignifuger pour connaître le nombre de pulvérisations nécessaires. Ensuite, c’est très simple. Le pulvérisateur s’emploie sur les textiles et les plantes artificielles : on pulvérise jusqu’à saturation du support et écoulement de l’excédent. Le bois massif, lui, s’immerge en bac et ne se pulvérise pas. Si vous rencontrez des difficultés ou que vous souhaitez appliquer un traitement ignifuge à des surfaces plus importantes, contactez-nous, notre équipe se fera un plaisir de vous aiguiller dans vos choix et proposera de traiter vos matériaux directement dans notre atelier.