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Qu’est-ce que l’ignifugation ? Définition, principe et classement M1

27 juin 2023

L’ignifugation est le traitement d’un matériau combustible par un produit retardateur de flamme, destiné à ralentir son inflammation et à limiter la propagation des flammes. Elle ne supprime pas la combustibilité du matériau : elle lui fait atteindre un classement de réaction au feu — M1 dans le classement français, B-s1,d0 en Euroclasses — constaté par essai en laboratoire.

Dans le secteur exigeant des Établissements Recevant du Public (ERP), de l’événementiel, des collectivités et de la décoration intérieure, la question de la sécurité incendie est primordiale. L’ignifugation permet d’atteindre le niveau de réaction au feu que la réglementation exige de vos matériaux et décors. En tant que professionnels, vous devez absolument maîtriser cette discipline, de sa définition à ses traitements, pour protéger les personnes et les biens. Découvrez comment l’ignifugation transforme un matériau ordinaire en un élément clé de la protection passive contre le feu, et comment Alfaflor, spécialiste de l’anti-feu, vous apporte des solutions classées pour lever tous vos freins réglementaires.


Tout savoir sur l’ignifugation : définition, objectifs et mécanisme anti-feu

L’ignifugation est un terme technique essentiel dans la prévention des risques d’incendie. Il désigne un ensemble de procédés visant à réduire l’inflammabilité et la combustibilité des matériaux, les rendant ainsi moins susceptibles de s’enflammer ou de propager rapidement les flammes.

Définition précise de l’ignifugation

Le mot « ignifugation » vient du latin ignis (feu) et fugere (fuir). Il s’agit de l’action d’appliquer un agent ignifugeant (un produit chimique retardateur de flamme) sur ou dans un matériau pour modifier son comportement face à une source de chaleur ou de flamme. L’objectif n’est pas de rendre le matériau incombustible (impossible à brûler, classement M0), mais de le rendre non-inflammable ou difficilement inflammable (classements M1, M2, etc.), ce qui est un impératif pour une grande majorité des aménagements et décorations en milieu professionnel.

Objectifs clés pour les professionnels : sécurité et conformité

Pour les gestionnaires d’ERP, les décorateurs et les organisateurs d’événements, l’ignifugation répond à deux objectifs fondamentaux :

  • Protection des Vies Humaines : En cas d’incendie, un matériau ignifugé retarde l’embrasement et ralentit la propagation du feu. Ce délai est vital, car il offre un temps précieux supplémentaire aux occupants pour évacuer l’établissement en toute sécurité.
  • Conformité Réglementaire : Dans les ERP et les lieux publics, la réglementation incendie impose des niveaux de réaction au feu très stricts pour les matériaux. L’ignifugation permet d’atteindre le niveau requis, comme la très exigeante norme M1 pour de nombreux textiles et décors. La conformité est attestée par un Procès-Verbal (PV) de classement au feu délivré par un laboratoire agréé et qui sera réclamée par la commission de sécurité.

Le fonctionnement du bouclier anti-feu

Les produits ignifugeants agissent selon plusieurs mécanismes lorsqu’ils sont exposés à la chaleur :

  • Formation d’une Couche Protectrice : Sous l’effet de la chaleur, l’agent ignifugeant forme une couche de carbone ou de gaz inerte à la surface du matériau. Cette couche sert de barrière thermique et d’isolation, empêchant l’oxygène d’atteindre le substrat et de nourrir la combustion.
  • Refroidissement : Certains produits, à base de sels, libèrent de la vapeur d’eau lorsqu’ils chauffent, absorbant l’énergie thermique et abaissant la température du matériau, ce qui ralentit considérablement la combustion.
  • Dilution des Gaz Inflammables : Les agents libèrent des gaz non-inflammables qui diluent la concentration des gaz combustibles émis par le matériau, rendant le mélange gazeux trop pauvre pour s’enflammer.

L’histoire de l’ignifugation et l’émergence de la norme M1

L’ignifugation n’est pas une pratique récente. Son histoire est intimement liée aux grandes catastrophes et à l’évolution des réglementations de sécurité, notamment en France, qui a établi un système de classement rigoureux.

Les premières tentatives historiques

Les premières traces d’ignifugation remontent à l’Antiquité, avec l’utilisation de mélanges à base d’argile ou de vinaigre sur le bois. Cependant, c’est au XVIIe siècle que les tentatives se sont intensifiées, notamment pour protéger les décors de théâtre, souvent responsables de dramatiques incendies. Les solutions étaient alors rudimentaires (sels d’alun, boues de protection).

Le contexte des catastrophes et la réglementation

L’accélération de l’urbanisation et la multiplication des lieux recevant du public ont malheureusement révélé la dangerosité des matériaux inflammables. Les incendies tragiques dans des théâtres ou des grands magasins ont conduit les pouvoirs publics à réagir en instaurant des règles strictes pour la construction et l’aménagement intérieur. En France, le cadre réglementaire pour les ERP est principalement défini par l’arrêté du 25 juin 1980.

Le classement français de réaction au feu : De M0 à M4

C’est dans ce contexte qu’est né le système français de classement de la réaction au feu, codifié par la norme NF P 92-507. Il classe les matériaux en fonction de leur comportement lorsqu’ils sont exposés à une source de chaleur, et ce classement est toujours la référence en France pour les produits d’aménagement et de décoration :

  • M0 : Incombustible (Ne brûle pas, n’émet pas de gaz inflammables).
  • M1 : Non inflammable — le matériau reste combustible, mais il ne propage pas la flamme.
  • M2 : Difficilement inflammable.
  • M3 : Moyennement inflammable.
  • M4 : Facilement inflammable.

L’exigence de la norme M1 pour les professionnels

La norme M1 est la classification la plus couramment exigée pour les matériaux d’aménagement et de décoration dans les ERP. Elle signifie que le matériau, ne s’enflamme pas sous l’effet d’une chaleur modérée et ne contribue pas au développement de d’un sinistre. Respecter le classement M1 (ou M2 dans certains cas) est une obligation légale pour sécuriser :

  • Les tentures, rideaux, et moquettes des ERP (hôtels, salles de spectacle, musées).
  • Les décors de scène et de stands d’exposition dans l’événementiel.
  • Certaines structures en bois apparentes ou éléments de décoration volumineux.

Pour vous, professionnels, le classement M1 est le niveau le plus élevé qu’un matériau combustible puisse atteindre, et la preuve de votre engagement en matière de sécurité et de votre conformité aux exigences des commissions de sécurité.


Les deux grandes familles de traitement ignifuge

Le choix du traitement d’ignifugation est crucial et dépend à la fois du matériau, de sa composition et de l’environnement d’installation. ALFAFLOR propose des solutions classées M1 par le LNE, laboratoire agréé pour les essais de réaction au feu, dans les conditions de leurs procès-verbaux. Cette page pose la définition et le principe du procédé ; pour le déroulé opératoire complet, reportez-vous au guide comment rendre un matériau ignifuge, et retrouvez l’ensemble de nos solutions sur la page traitement anti-feu.

Deux approches fondamentales

Il existe principalement deux manières d’obtenir un matériau ignifuge, chacune avec ses avantages et contraintes. Le détail des méthodes — pulvérisation jusqu’à saturation, immersion en bac, système intumescent — et des quantités à prévoir est traité dans notre page sur le traitement ignifuge des matériaux :

1. L’Ignifugation dans la Masse (Intrinsèque)

  • Principe : Le traitement ignifugeant est intégré à la fibre ou au matériau dès son processus de fabrication (par exemple, lors de la polymérisation des fibres synthétiques ou l’ajout d’additifs au bois composite).
  • Avantages : L’effet est obtenu à la fabrication de la fibre ; sa tenue dans le temps et au lavage est celle que porte le procès-verbal du textile concerné ou à l’usure, ce qui est idéal pour les textiles soumis à des nettoyages fréquents.
  • Application : Courante pour les textiles techniques, les mousses ou certains panneaux de construction.

2. Le Traitement par Application (Ex situ)

  • Principe : Un produit ignifugeant liquide est appliqué sur un matériau existant, selon la méthode que valide sa notice : sur les textiles, pulvérisation, pistolet airless ou trempage ; sur les plantes artificielles, pulvérisation ou trempage ; sur le bois massif, immersion en bac uniquement. Le badigeonnage et l’application au rouleau ne figurent dans aucune notice. Le produit pénètre la surface et sèche, laissant les agents actifs.
  • Avantages : Permet d’ignifuger des matériaux déjà en place, des éléments de décors éphémères (événementiel) ou des pièces brutes. C’est une solution flexible et souvent plus économique pour les petites quantités ou les projets urgents.
  • Application : Elle couvre les fibres textiles du procès-verbal — polypropylène 70 g/m², polyester 175 g/m², lin 230 g/m² et coton 150 g/m² —, les végétaux artificiels, et le bois massif résineux traité par immersion en bac. Le papier ne figure dans aucun de nos procès-verbaux.

Choix du Produit Ignifugeant selon le Matériau

L’efficacité du traitement repose sur l’utilisation du bon produit ignifugeant. Les matériaux n’absorbent ni ne réagissent pas de la même manière aux agents ignifugeants :

Pour le Bois et les Matériaux Cellulosiques

POUR LES TEXTILES : COTON 150 G/M², LIN 230 G/M², POLYESTER 175 G/M², POLYPROPYLÈNE 70 G/M²

  • Les fibres naturelles absorbent bien les produits ignifugeants appliqués. Le traitement doit être sélectionné pour ne pas altérer l’aspect, le toucher ou la couleur du tissu comme le ignifugeant tissu Eurotextil M1.

Pour les Végétaux et Fleurs Artificielles

  • Ce type de décor, souvent en polyester, doit être traité avec un produit spécifique, comme la formule ignifugeant plantes artificielles Euroflor, pour s’assurer que le revêtement ignifugeant adhère correctement aux surfaces non poreuses et souvent synthétiques.

Pour les cartons et fibres papier

le processus de classement M1 In situ

Une fois le traitement par application réalisé, la conformité doit être attestée. Un expert, souvent un applicateur formé comme les équipes d’Alfaflor, doit :

  • Sélectionner le Bon Produit : Le produit doit avoir un PV de classement au feu M1 attestant de sa capacité à ignifuger le type de support traité.
  • Appliquer la Dose Requise : La quantité de produit appliqué (le « mouillage ») doit être précisément respectée selon les indications de l’attestation du produit pour atteindre la classification M1.
  • Délivrer l’Attestation : L’entreprise applicatrice complète, date et signe l’attestation d’application : elle y identifie le chantier, l’entreprise et les caractéristiques du traitement, et y colle les vignettes de traçabilité justifiant la quantité utilisée. Sur le bois massif, l’attestation ne comporte pas de vignettes : elle se complète par l’essence, l’épaisseur en mm, la surface traitée en m² et la quantité de produit en kg, relevées en chantier., mentionnant la référence du produit M1 utilisé et le PV de classement correspondant. L’attestation complétée se conserve au registre de sécurité avec la notice d’utilisation et le procès-verbal de classement : c’est ce dossier que présente l’exploitant. L’appréciation de la conformité de l’installation appartient au bureau de contrôle ou à la commission de sécurité.

Faire appel à un spécialiste comme Alfaflor s’assure que toutes les étapes du processus sont respectées, de la bonne sélection du produit à la délivrance de l’attestation légale. Pour toute demande d’ignifugeant ou d’ignifugation, contactez-nous !